02 avril 2006
Sarko, l'illusionniste de la sécurité
C'est ainsi que Ségolène Royal avait qualifié Sarkozy à Nice, la semaine dernière dans son intervention.
Les chiffres semblent lui donner raison. L'Observatoire National de la Délinquance vient de confirmer le 13 février la forte augmentation des violences contre les personnes : + 6,6% en 2005. Un taux jamais observé depuis octobre 2002. 411 800 cas ont été recensés l'an dernier par les services de police. Une sérieuse épine dans le bilan sécuritaire de notre cher Ministre de l'Intérieur.
Pour se sortir de cette affaire, celui-ci déplace la question de son bilan et indique qu'il est favorable à ce que l'origine des délinquants soit mentionnée dans les statistiques, dans le but sans doute de stigmatiser les populations étrangères et de reprendre son inlassable chasse aux électeurs de Le Pen.
C'est Alain Bauer, le président de l'OND, qui apprenant cette intention a déclaré qu'il n'existait pas de mécanisme ethnique ou cultuel dans la construction de la criminalité. "Il y a une réalité démographique : les jeunes mâles sont davantage représentés dans les populations issues de l'immigration, et, par définition, sont plus remuants que les vieilles dames", a-t-il poursuivi non sans humour.
La réalité est qu'après avoir délibérement menti sur le caractère ethnique des émeutes de novembre 2005, malgré les informations contraires fournies par ses services, et après avoir centré son avant-projet de loi sur l'immigration sur le thème populiste et xénophobe de l'immigration invasion, Sarkozy récidive avec l'affaire du fichier ethnique des délinquants.
En voilà un qui a au moins de la suite dans les idées.






