LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

12 mai 2006

Mesdames Déloyales

Avons-nous les politiques que nous méritons ?

Pendant que, à droite, un combat à la déloyale oppose les chefs de meute, à gauche, c'est dans la cour de récré des filles qu'on se castagne.

Au Parti socialiste, elles se sont mises à 143 (un clin d'oeil bien lourdingue au manifeste des 343 salopes défendant la liberté de l'avortement en 1971) pour taper sur Ségolène Royal, au nom, tenons-nous bien, de la parité dont on se demande ce qu'elle vient faire ici. Anne Hidalgo, Michèle Sabban et Annick Lepetit, que nous avons connues un peu mieux inspirées, ont fomenté cette micro-révolte de couloir pour dénoncer la "pipolisation", non pas des candidats à l'investiture (Lang, Fabius, Strauss-Khan, Hollande ou Jospin sont apparemment de parfaits inconnus), mais de la seule candidate qui émerge au PS (la faute parait-il aux sondages et donc aux médias qui les publient). Et, par une acrobatie audacieuse dont elles ont visiblement le secret, elles jurent qu'elles ne sont pas "anti-ségolène". A en juger par les commentaires acerbes du public sur leur blog (quelques uns seulement, les autres, en majorité hostiles, ont parait-il été effacés), cette initiative fera sans doute long feu. Mais elle n'aura fait qu'ajouter à la perplexité ambiante.

Soyons clairs : ce n'est pas en partisan ou adversaire que l'on s'exprime ici. Faut-il le rappeler, cette dernière n'obtiendra une éventuelle investiture que de ses camarades socialistes et certainement pas des sondages ou de la presse. Non, c'est le mot "ahurissement" qui vient au bout de la plume, et tant pis pour notre indécrottable naïveté féministe.

Que ces "rebelles" soient opposées à l'avancée de Royal comme bon nombre de socialistes, c'est évidemment leur droit le plus absolu. Qu'elles le fassent savoir au sein de leur propre parti, dans des réunions internes, quoi encore de plus normal... Mais qu'elles se médiatisent pour dénoncer la "médiatisation", qu'elles se regroupent en pool de filles pour éviter qu'on voie dans leur démarche un complot machiste (et nous ne tomberons pas dans le piège téléphoné qui consiste à les traiter de "jalouses"), qu'elles scient enfin leur propre branche ("un sabotage", s'indigne l'historique féministe Yvette Roudy), voilà de quoi rire si ce n'était pas triste à pleurer : décidemment, à droite comme à gauche, c'est la cacophonie qui sert de programme. A moins que ces mouches du coche ne soient plus fines qu'il n'y parait. Et qu'à la question "mais pour qui roulent-elles ?", la réponse soit : mais pour Ségolène ! Rien de tel qu'une bonne mise à l'index pour remobiliser les foules.

Par Michèle Fitoussi - 8 mai 2006 - ELLE

Posté par segoleneausud à 09:40 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Prendre des coups

    Prendre des coups en politique apparaît normal et pourtant. Les plus durs viennent souvent de son côté...

    Ma question sera surtout de savoir comment des leaders socialistes pourront soutenir le/la candidat(e) désigné(e) - quel(le) qu'il (ou elle) soit - si les coups portés au préalable ont été trop violent.

    Il en va de la crédibilité du Parti Socialiste alors qu'à droite le seul culte du chef fait oublier très vite le passé : tous chiraquiens, tous sarkozystes de 'rupture'.

    A+
    FX

    Posté par FX, 12 mai 2006 à 10:52
  • Pour avoir l'avis du Président de la République : le Blog du Chi http://blogduchi.canalblog.com

    Posté par Jacques, 12 mai 2006 à 17:00
  • le manifeste des 343

    Bien d'accord avec toi FX.....
    Ce qui m'interpelle le plus dans l'appel des 143 c'est justement la référence au manifeste des 343 salopes.....C'est plus que lourdingue.....c'est scandaleux. Comment peut-on associer nos querelles intestines à la mobilisation de 343 femmes toutes tendances politiques confondues pour le droit à l'avortement....

    Le manifeste commence par ces phrases : (source Wikipédia)

    "Un million de femmes se font avorter chaque année en France.
    Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
    On fait le silence sur ces millions de femmes.
    Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté.
    De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre."

    Suivent les 343 signatures, notamment celles de personnalités telles que Françoise d'Eaubonne, Simone de Beauvoir, Christine Delphy, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Brigitte Fontaine, Bernadette Lafont, Jeanne Moreau, Gisèle Halimi, Violette Leduc, Ariane Mnouchkine, Marie-France Pisier, Françoise Sagan, Delphine Seyrig, Agnès Varda, Marina Vlady, Monique Wittig etc.

    Son impact
    La semaine suivant la parution du manifeste, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a fait sa une avec un dessin s'en prenant aux hommes politiques avec la phrase « qui a engrossé les 343 salopes ? » C'est à ce dessin que le manifeste doit son surnom.

    Il s'agit de l'un des exemples les plus connus de désobéissance civile en France. Il a inspiré en 1973 un manifeste de 331 médecins se déclarant pour la liberté de l'avortement. Il a surtout contribué à l'adoption, en décembre 1974-janvier 1975 de la loi Veil qui dépénalisait l'interruption volontaire de grossesse (IVG) lors des dix premières semaines de grossesse, un délai porté depuis à douze semaines

    Il me semblait important de faire cette mise au point.

    Posté par nathalie, 14 mai 2006 à 11:33

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