LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

30 mai 2006

Un projet socialiste pour contrer Nicolas Sarkozy

ps7

LE MONDE | 30.05.06 | 11h43  •  Mis à jour le 30.05.06 | 11h49

Le programme du PS pour 2007, qui devait être discuté, mardi 30 mai, par le bureau national du parti accompagné de son introduction, se veut une machine de guerre anti-Sarkozy. Contre "les prophètes du déclin français", il vante les "immenses atouts" de la France, contre les "vieilles recettes éculées du changement de modèle ", il oppose "le progrès" de ce modèle. Pour les socialistes, l'enjeu de 2007 sera d'abord un "choix de société" : "deux voies s'ouvrent [au pays] : une rupture d'inspiration libérale, ou une modernisation d'inspiration sociale; renforcer les forts et enrichir les riches en prétendant entraîner les autres dans leur sillage ou, au contraire, veiller à embarquer tout le monde". D'où le titre du projet : "Réussir tous ensemble", que le PS confronte au slogan de Nicolas Sarkozy, "La France d'après" : "C'est la France de la division."

"La droite prépare une société où chacun est abandonné à ses succès et à ses malheurs personnels. La voie qu'elle trace n'a pas d'autre issue qu'un autoritarisme libéral", écrivent les socialistes qui avaient, lors d'une précédente réunion, convenu qu'il leur fallait davantage marquer

la différence. Le

document d'une quarantaine de pages, qui ne sera envoyé aux militants qu'à l'issue d'une ultime réunion de travail le 6 juin, reprend l'héritage Jospin, en prônant croissance forte et "plein emploi". D'ici à

2012, l

'objectif du PS est d'atteindre un taux de chômage inférieur à 5 % et de ramener la durée moyenne du chômage à 6 mois, au lieu de 12 actuellement. La négociation sur la réduction du temps de travail sera relancée "pour étendre le bénéfice des 35 heures à tous les salariés". Et l'abaissement des charges reprendra le même principe que celui mis en œuvre par le gouvernement de Lionel Jospin : seulement en contrepartie de créations d'emplois et de la durée du contrat de travail.

VALORISER LE SERVICE PUBLIC

Mais le parti a aussi tiré les leçons de 2002 : le pouvoir d'achat et le logement figurent en tête de liste des priorités. D'un côté, le smic sera porté à 1 500 euros "au moins" durant la législature; de l'autre, un "bouclier logement" sera institué pour limiter le coût des loyers à 25% des revenus des ménages modestes, grâce à la revalorisation ciblée des aides et la création "d'un vaste secteur privé subventionné". A l'automne 2005, quand il avait lancé le smic à 1 500 euros, Laurent Fabius avait pourtant été très critiqué par les autres dirigeants socialistes.

En 2007, le PS ajoute la Sécurité sociale professionnelle avec la création d'un droit individuel à la formation tout au long de la vie "d'autant plus élevé que la formation initiale aura été courte". Cette réforme trouverait sa traduction avec une "carte vitale professionnelle" abondée par les entreprises pendant les périodes d'emploi, via des dispositifs d'épargne formation ou de compte épargne temps.

Autre leçon de 2002 : la priorité n'est plus de baisser l'impôt, mais au contraire de le réhabiliter. La plus vaste réforme, dans ce secteur, concerne la fusion, à terme, de l'impôt sur le revenu et de la CSG, qui deviendra progressive en un "impôt citoyen". Le service public est valorisé. Non seulement, le PS promet de dénationaliser EDF et de créer "un grand service public de l'énergie", mais il crée un "service public de la petite enfance", un service public "unifié" de l'emploi et un service public de formation et d'orientation. "Dans notre combat contre le libéralisme économique, l'Etat et les services publics sont au cœur de la politique de changement que nous voulons construire", souligne le projet. Pour concilier son désir d'engager une nouvelle étape de la décentralisation, le PS accommode ces exigences par la "mise en place de contrats territoriaux de services publics définis en accord avec les fonctionnaires comme avec les usagers".

L'intervention de l'Etat est valorisée. Comme le souhaitait Dominique Strauss-Kahn, il pourra aider "temporairement" les entreprises en difficulté, pour lutter contre les délocalisations. De même, lorsqu'il est actionnaire, "sa voix est déterminante pour toutes les décisions qui ont des conséquences sur l'emploi et sur l'avenir industriel de l'entreprise".

L'égalité est mise en avant. Elle justifie l'ouverture de droits, en cas de licenciements économiques, aux "salariés en fin de contrat à durée déterminée, et de mission d'intérim qui, hormis l'indemnité de précarité, n'ont droit à rien et les différents congrès de conversion ou reclassement seront réunifiés". Elle touche aussi à l'éducation. Le PS souhaite que chaque lycée ouvre à 5% de ses élèves la possibilité d'entrer dans les classes préparatoires aux grandes écoles.

Dans les débats de société, le PS réaffirme fortement le principe de laïcité, "pierre angulaire du pacte républicain". Il prône d'ailleurs l'adoption d'une charte de la laïcité "adossée à la Constitution". Il se garde bien, toutefois, de trancher dans d'autres domaines : la question de la légalisation du cannabis, qui soulève de très fortes réticences, est renvoyée à "un vaste débat public", tout comme celle de "l'abolition" de la prostitution.

Isabelle Mandraud

Posté par segoleneausud à 17:12 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Bonjour, je ne sait pas si vous avez des contacts avec le PS, mais je pense que le PS devrait aussi prendre en compte mon idée (ici ---> http://plusdedemocratie.canalblog.com/ ) cela permettrait au PS d'apporter un certain renouveau et une certaines confiance des electeurs. N'hesitez pas a me dire c que vous pensez de ce projet!!

    Posté par luffi, 30 mai 2006 à 19:31

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