LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

02 juin 2006

"La lettre" n°8 - Vendredi 2 juin

République du respect et sécurité durable

En visite à Bondy en Seine-Saint-Denis, mercredi soir, Ségolène Royal a dressé un réquisitoire de l'action de Nicolas Sarkozy: "L'échec de la politique de sécurité est flagrant. C'est une faillite absolue. »

Ségolène Royal  a préconisé une autre politique : « C'est possible de vivre dans un pays où les gens cessent d'avoir peur les uns des autres. Il est temps de mettre en place une politique de sécurité efficace pour rétablir un ordre juste et une sécurité durable si chacun est à son poste et remplit sa fonction, de la famille en passant par l'école jusqu'aux services publics et jusqu'au rôle de la police".

FLASH : Ségolène Royal en duplex de Lille dans le 20H00 de TF1, ce soir,  vendredi 2 juin.

Invitée ce matin aux 4 vérités, sur France 2, Ségolène Royal précise sa vision de la sécurité durable.

« Etre socialiste, c’est d’abord répondre aux problèmes des gens qui souffrent. Où sont les deux principales souffrances aujourd'hui ? C’est le chômage et la précarité et c’est la question de l’insécurité et des violences. D’ailleurs, souvent, les deux sont liés car lorsque des parents sont en situation de précarité, n’ont pas un salaire régulier, n’ont pas un travail régulier, ils ont du mal à assurer leurs responsabilités de parents. Et les enfants n’ont pas envie de travailler à l’école puisqu’ils voient que, même quand les grands frères ou les grandes sœurs ont passé le baccalauréat, ils sont au chômage, alors ils ont un doute sur le sens de l’effort scolaire. Donc tout se tient, c’est la sécurité au travail qui apporte aussi la sécurité dans la famille et qui apporte la sécurité dans le comportement à l’école.

Il faut donc trouver des mesures nouvelles en restant fidèle à nos valeurs. Aujourd'hui pourquoi y a-t-il une faillite de SARKOZY, du Ministre de l’Intérieur ? D’abord parce que les chiffres sont là. Il y a eu cette année 45 000 voitures brûlées, c'est-à-dire le double de l’année précédente. En quatre ans, il y a 20 % d’augmentation des agressions contre les personnes. La deuxième faillite, c’est la situation dans les cités où on sait que la situation est extrêmement tendue.

Hier, en rencontrant les maires de ces villes, je peux vous dire que leur inquiétude est extrêmement forte. Et enfin parce qu’on n’a pas la République du respect que j’appelle de mes vœux. Il y a une politique de mépris qui cherche à enfoncer les jeunes. Certains même pensent, parmi les élus ou les habitants des quartiers, que cette situation serait entretenue parce qu’elle pourrait être utile au cours d’une campagne électorale, si en effet les émeutes reprenaient dans les banlieues. Donc, rien n’est traité. La politique des socialistes, c’est de faire en sorte que chaque institution fonctionne là où elle est, au bon moment. Si la famille fonctionne bien, si l’école fonctionne bien, si l’emploi fonctionne bien, alors nous réussirons à tarir ce qui aujourd'hui alimente la délinquance de masse. »

L’interview de Ségolène Royal de ce matin (4 vérités, France 2) :
La vidéo : http://les-4-verites.france2.fr/?date=2006/06/2&id_article=448
Le texte intégral : http://www.desirsdavenir.org/actualites/4verites.php

Reportage de france 2 aprés le discours de Bondy de Ségolène Royal 
http://segolene-presse.blogspot.com/2006/06/sgolne-royal-ouvre-le-feu-contre.html

Voir aussi

Ce que je retiens du forum « Que faire pour que tous les élèves réussissent leur entrée en 6ème ? »
http://www.desirsdavenir.org/index.php?da=9&proposition=65

Ce que je retiens du forum « Quelle prison pour quelle justice ? »
http://www.desirsdavenir.org/index.php?da=9&proposition=9


Posté par segoleneausud à 21:55 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Vas-y, Ségolène !

    Enfin ! Enfin quelqu'un qui prétend défendre les idées socialistes au plus haut niveau et qui ne se contente pas, face à la délinquance, des traditionnels : "Il faut les comprendre ! C'est la faute du chômage, de la pauvreté, de..." des "bobos". Mme Royal, quand j'ai su que vous alliez en Seine-St-Denis juste après les graves incidents de ces derniers jours et après N.Sarkozy, je craignais que vous ne vous opposiez à ce dernier avec ce type de langage par trop "compréhensif" envers les délinquants. Et là, c'en aurait été définitivement fini de mes intentions de voter à gauche l'année prochaine. Mais vous avez tenu un langage qu'on n'osait plus espérer du côté de ceux qui, comme moi, se méfient de l'ultra-libéralisme et du débordement égocentrique sarkozien tout en ne supportant pas le laxisme envers les voyous. C'est parce que je ne supportais plus de voir des camions de pompiers ou des ambulances caillassées dans certains quartiers que je n'ai pas voté socialiste à la dernière présidentielle. Car l'ordre sans la démocratie, c'est la dictature ; mais la démocratie sans l'ordre, c'est l'anarchie, c'est-à-dire, en fait, non pas la liberté pour tous, mais la liberté du plus fort.
    Je vous appuie d'autant plus que vous proposez bien plus qu'une simple répression : un véritable encadrement de jeunes qui en ont souvent besoin, avec ce qu'il y faut d'autorité quand celle-ci n'a que trop manqué dans leur enfance.
    Et cela me permet d'enchaîner sur deux points qu'il me semble fondamental de traiter dans un programme politique : l'inutilité d'un système répressif limité à la sanction, et l'inadéquation numérique des filières universitaires aux débouchés du monde du travail.
    Sur le premier point, il est absurde d'envoyer quelqu'un en prison pendant 5, 10 ou 15 ans sans rien lui apprendre, puis de le relâcher "dans la nature". Il faut absolument, là aussi, donner au prisonnier les moyens de se construire une vie à sa sortie en adoptant un comportement moral qu'il n'a pas eu par le passé. Quant aux peines plus courtes, il faudrait de plus en plus les substituer par des travaux d'utilité générale, plus ou moins exigeants selon la gravité du délit. Ce thème est peu "porteur", mais un responsable politique conscient se doit d'y travailler.
    Pour l'enseignement supérieur, comment peut-on laisser des milliers de jeunes se lancer dans des filières dont on sait le peu de débouchés professionnels ? Je propose une "révolution" : revaloriser significativement (et sécuriser) les professions manuelles. Si un plombier ou un électricien gagnait 3000€ par mois en moyenne, il y aurait à la fois plus de plombiers et d'électriciens, moins d'étudiants en lettres ou psychologie, et, surtout, moins de chômeurs.
    Enfin, Mme Royal, je vous jugerai surtout sur deux choses. Vous avez gagné sur la première : votre volonté non seulement de punir les délits, mais surtout d'éduquer ceux qui les commettent. J'attends que vous me montriez que, contrairement semble-t-il à certains de vos rivaux, vous n'êtes pas prête à laisser s'accumuler sur la tête de nos enfants une dette que les promesses en tout genre ne manqueront pas de faire croître de façon incontrôlable, transformant le célèbre "faire payer les riches" en un "faire payer les jeunes" moins tonitruant, mais beaucoup plus réel.

    Posté par chevass, 02 juin 2006 à 23:35

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