LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

21 août 2006

A la Fête de la rose, Ségolène Royal donne un coup d'accélérateur à sa campagne

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Le Monde

Ségolène Royal a lancé dimanche 20 août un appel au rassemblement non seulement des socialistes mais "de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change" lors de la prochaine élection présidentielle. "Nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d'avenir et de changement que nous voyons monter dans le pays. C'est même un devoir, une obligation morale de gagner", a déclaré la "présidentiable" socialiste lors de son discours de rentrée, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).

"Cette victoire et cette réussite, nous devons patiemment les construire car rien n'est gagné d'avance. La bataille sera rude mais exaltante. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et toux ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse. Avec vous, j'ai confiance", a-t-elle souligné devant plus de 2 000 personnes réunies à l'occasion de la Fête de la rose.

"Ce que je vous propose, ce n'est pas une politique au rabais, sorte de gouvernance aseptisée réduite à la simple gestion du désordre des choses. C'est de mieux partager l'exercice du pouvoir pour que la France saisisse toutes ses chances, en assumant cette passion de l'égalité qui est la sienne", a-t-elle expliqué.

"DANS CETTE BOURGOGNE QU'IL AIMAIT TANT..." Elle avait auparavant évoqué l'héritage de François Mitterrand "dans cette Bourgogne qu'il aimait tant", revendiquant "la lignée mitterrandienne". Citant une de ses dernières déclarations, en 1993, elle a fait la liste des valeurs qu'il défendait : "le devoir d'unité", "le courage", "la nécessité de changements profonds". "C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un chef de l'Etat", a-t-elle dit.

L'ancienne ministre s'est toutefois accordé le droit, non pas de faire "l'inventaire" des années Mitterrand comme l'avait réclamé Lionel Jospin, mais celui de "revisiter" son héritage afin de "l'actualiser à la lumière de tout ce qui (...) a changé dans notre pays et dans notre monde".

L'arrivée de Ségolène Royal à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse avait provoqué dans la journée une énorme bousculade, avec trois blessés légers chez les sympathisants. "Frangy connaît sa première émeute", lançait Arnaud Montebourg, patron de la fête, qui a rallié au cours de l'été le camp de Ségolène Royal. Quelque 3 000 militants et plus de 80 journalistes, français et étrangers (contre une vingtaine les autres années), étaient venus écouter la candidate supposée à l'investiture présidentielle socialiste, dans ce petit village de 600 habitants qui invite chaque année à sa fête une personnalité nationale du parti.

MONTEBOURG CONQUIS "Notre espérance c'est que, comme François Mitterrand le fit, tu organises la conjugaison de nos idées", a lancé Arnaud Montebourg. Avec Ségolène Royal, se matérialise "l'espérance concrète qu'un autre monde, une autre France s'organise sous nos yeux", a-t-il estimé. Avant de conclure, lyrique : "Frangy, Ségolène, t'attend, Frangy t'écoute, Frangy, je crois, t'aime déjà".

Mais les partisans de Montebourg se montraient plus prudents. Sur les bancs installés dans le stade de football du petit village bourguignon, un des militants du mouvement "Rénover maintenant" (RM) expliquait :"Je ne vois pas ce que cela va apporter au courant d'Arnaud sur le fond. Je pense que lui-même doit se poser des questions ce soir."

Tenant la tribune pendant une trentaine de minutes, le député de Saône-et-Loire a expliqué: "Nous avons besoin plus que jamais de faire travailler nos forces [...], de marcher d'un seul bloc comme un rouleau compresseur face au danger des ultras qui ont pris la droite." Il a enjoint les socialistes à "remettre les mains dans le cambouis de la machine économique", réclamé la suppression des stock-options, dénoncé les délocalisations et les "retraites-chapeau"  et prôné le "réarmement de la politique". Son discours, très applaudi, visait tout particulièrement Nicolas Sarkozy, que le député a comparé à Fouché, "sinistre ministre de la police"  de Bonaparte."N'oubliez jamais qu'un homme qui piétine ainsi l'Etat de droit ne peut jamais en devenir le garant", a-t-il lancé à ses partisans.

"J'APPELLE DOMINIQUE ET JACK À SE RETIRER" Le succès de cette Fête de la rose a rassuré le camp des "ségolistes". Dans un entretien au journal Le Parisien/Aujourd'hui en France paru lundi 21 août, François Rebsamen, numéro 2 du Parti socialiste, appelle Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang à se retirer de la candidature à l'investiture PS pour la présidentielle.

"En Bourgogne, ce week-end, il était essentiel pour moi de vérifier la capacité de rassemblement de Ségolène. C'est fait, explique l'actuel maire de Dijon. Ma conviction, c'est qu'aujourd'hui [...] la mieux placée, c'est Ségolène Royal, a-t-il rajouté. J'appelle Dominique et Jack à se retirer. [...] Quel que soit notre candidat, le rassemblement est nécessaire. Et cette démarche sera plus dure à opérer si les candidatures sont nombreuses."

Posté par segoleneausud à 18:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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