LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

31 août 2006

L'investiture socialiste déboussole les leaders du NPS

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Vincent Peillon soutient Ségolène Royal, Benoît Hamon penche pour François Hollande, et Henri Emmanuelli ne veut pas choisir.

Par David REVAULT D'ALLONNES

Un leader qui vote Ségolène Royal, un autre qui penche vers François Hollande et un troisième qui joue la montre : le plus grand flou entoure aujourd'hui l'orientation politique du Nouveau Parti socialiste (NPS). Né en 2002 dans la foulée du 21 avril, structuré autour du refus de la constitution européenne et d'un positionnement à la gauche du PS, ce courant avait déjà frisé l'implosion après le départ d'Arnaud Montebourg, en novembre. Membre fondateur du NPS, le député de Saône-et-Loire, mécontent de la «synthèse» du Mans, avait pris ses cliques et ses claques et créé son propre courant, Rénover maintenant.

Etripage. Cette fois, c'est la question de l'investiture socialiste qui divise profondément le NPS. Vincent Peillon a choisi Ségolène Royal. Benoît Hamon penche pour François Hollande. Et Henri Emmanuelli refuse pour l'instant de se déterminer. «Il va y avoir des turbulences, convient un membre. Mais il y en a toujours eu. Et le NPS, qu'on disait cuit, est toujours là.» L'affaire trouble néanmoins les affiliés du courant, inquiets de le voir dilapider son capital politique et les quelque 20 % qu'il pèserait aujourd'hui dans le parti ­au fil d'un étripage en règle.

Géométrie. La ligne, officiellement, était claire : le NPS, qui ne présente pas de candidat, «restera équidistant de tous les candidats», assurait en avril Vincent Peillon, coanimateur du mouvement. Mais l'intensité de la compétition semble avoir mis à mal cette belle géométrie. Vendredi dernier, alors que s'ouvre l'université d'été du PS à La Rochelle, le député européen prend publiquement position pour la favorite des sondages. «J'ai très tôt considéré que l'essentiel était de gagner, rappelle Vincent Peillon. Or Ségolène Royal en est capable. Je suis révolté de voir ses concurrents faire, du matin au soir, en sorte qu'elle ne passe pas.» Un positionnement jugé «très personnel», qui n'étonne guère les membres du NPS. Mais qui les agace profondément. «Ce n'est pas la ligne des cadres, ni celle des militants», rappelle l'un d'eux. Un autre membre estime lui que Peillon est «pris de vertige, comme les autres. Il veut en être...»

Tacticien. Le jeu se durcit. A tel point que samedi, à La Rochellle, ni Vincent Peillon ni Henri Emmanuelli n'étaient là. Benoît Hamon, troisième leader du courant, en profite pour prendre parti, «à titre personnel», pour François Hollande : «Cette campagne promet de laisser des traces redoutables, explique le député européen. Le seul point de repère que partagent tous les socialistes, c'est le premier secrétaire. Une candidature Hollande aurait le mérite de rassembler le plus grand nombre.» En tacticien averti, Emmanuelli a campé mardi soir, en réunion de direction du courant, sur sa position de neutralité. Prochain épisode fin septembre, à Saint-Nazaire, pour l'université d'été du NPS. Dans une ambiance que l'on présage cordiale.

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