LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

20 septembre 2006

Ségolène Royal donne une leçon de campagne à ses adversaires

mardi 19 septembre 2006, 21h45 

desirsdavenir

BONDY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Ségolène Royal a livré les clés de sa campagne pour l'investiture présidentielle socialiste, voire au-delà, affichant son ambition de débattre directement avec les Français sans se laisser enfermer dans des "débats internes".

Devant plusieurs centaines de partisans réunis à Bondy, au nord de Paris, la présidente de la région Poitou-Charentes a prôné l'application de son concept de "démocratie participative" à tous les stades de la vie politique, notamment à la future campagne présidentielle de 2007.

"Il n'y a pas pour moi de débats internes et de débats externes. Il y a un débat avec les Français pour les associer aux décisions qui les concernent", a-t-elle déclaré, d'une petite estrade dressée au centre de la salle des fêtes de la ville, où les spectateurs avaient pris place sur des rangs installés en rond autour d'elle.

Tout en donnant ses instructions pour organiser des "débats participatifs sur tout le territoire", elle a signifié à ses rivaux socialistes que leur façon de faire de la politique n'était plus d'actualité.

Pour débattre avec les citoyens, "il faut beaucoup d'énergie", a-t-elle fait valoir. "C'est beaucoup plus difficile que d'aller faire des suites de meetings où on arrive, on est sur la tribune, on délivre un discours (...) on se fait applaudir. Il y a quelques cornes de brumes et on replie les tréteaux et on recommence dans la ville voisine".

"Je pense qu'une campagne ne se conduit plus du tout comme ça. Elle se conduit comme je viens de vous l'expliquer", a-t-elle souligné, insistant sur les ralliements "de plus en plus nombreux" de maires, de députés et de premiers secrétaires fédéraux du PS.

Le Bureau national du PS, réuni au même moment à Paris, a été dominé par les modalités de la campagne interne, ont rapporté plusieurs participants, évoquant une ambiance tendue.

seglci

"LE POUVOIR NE ME CHANGERA PAS"

Alliés de circonstance, les partisans de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et de Lionel Jospin ont exigé l'organisation de huit débats régionaux entre présidentiables, du 3 octobre au 16 novembre, date du premier tour de la "primaire" socialiste.

Soupçonné de vouloir favoriser sa compagne, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a annoncé qu'une "charte d'organisation de la campagne" serait étudiée lors du Bureau national suivant, mardi prochain.

Ségolène Royal, que ses adversaires accusent de dénaturer le projet présidentiel du PS, entend "mettre le peuple" au coeur de ce projet, adopté en juillet.

Sous-entendu : les Français ne figuraient pas jusqu'alors dans le programme concocté par les "éléphants" du PS alors qu'elle milite pour la fin de l'ère des "experts d'en haut".

Si elle a expliqué passer chaque jour "quinze minutes" sur le site internet participatif "Désir d'avenir" pour se "regonfler", elle s'est défendue de tout "marketing politique" ou "messianisme électronique".

Face à un public conquis, elle a décliné ses thèmes fétiches - "ordre juste", "République du respect", "excellence environnementale", "reconstruction de la valeur travail" - et promis que le pouvoir ne la changerait pas si elle venait à être choisie par les militants puis élue présidente de la République.

"Moi, le pouvoir ne me changera pas, c'est un des engagements que je peux vous faire", a-t-elle assuré, droite face aux caméras, habillée d'un tailleur beige et blanc. "En revanche, nous avons la responsabilité de faire changer le pouvoir, en le rendant aux citoyens mais sans démagogie".

Son éventuelle candidature - elle l'officialisera entre le 30 septembre et le 3 octobre, les dates officielles du calendrier socialiste - s'appuiera sur les 470 comités de soutien "Désirs d'avenir" à qui elle a demandé de faire assaut de prosélytisme, quitte à faire naître un parti à côté du PS.

"Ces comités vont être très importants parce qu'il va falloir attirer des citoyens qui sont pas au Parti socialiste", a-t-elle insisté.

"Ce que je vous demande, c'est de vous mettre en mouvement pour organiser des débats participatifs de qualité", a-t-elle lancé à l'assistance. "J'ai besoin de la mobilisation de tous (...) A vos sacs à dos!"

Posté par segoleneausud à 11:40 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Bonjour Valérie,
    pourriez-vous m'expliquer (ou me renvoyer vers le lien idoine)ce que Madame Royal entend par "ordre juste"?
    merci beaucoup

    Posté par simon, 20 septembre 2006 à 17:26
  • Bonjour Simon,

    Valérie, je l'espère, ne m'en voudra pas si je vous suggère, dans l'attente, d'explorer sérieusement le site suivant:
    http://segolene2007.over-blog.com/
    dans lequel vous la réponse à votre interrogation, mais aussi beaucoup d'autres choses perspectives.
    Cordialement

    Posté par Jocelyne, 20 septembre 2006 à 18:11
  • Rebonjour Simon

    Vous demandiez quelques précisions sur la notion d'"ordre juste": Voici ce que j'ai glané pour vous!

    " A Rodez, Ségolène Royal évoquait dans ces termes l'ordre juste : «un principe fondateur d'un ordre solidaire autrement ambitieux que l'ordre aux petits pieds du tout sécuritaire sur fond de dérive vers le précariat pour tous». Elle ajoutait : «Alors que l'insécurité économique et sociale gagne du terrain, le comportement de la puissance publique se doit d'être irréprochable. Une mauvaise conduite à la tête de l'Etat constitue un vrai facteur d'insécurité, car pourquoi respecter des règles dont les puissants et les gouvernants s'affranchissent ?»

    L'ordre juste est hautement supérieur à l'injustice de l'ordre autoritaire de l'UMP. Et il est hautement préférable au désordre injuste que conduirait une République aux abonnés absents, incapable de donner un sens à la loi républicaine. Ce sont finalement là des analyses que ne récuserait pas un Jean-Pierre Chevènement.

    C'est ici que prend sa force la «révolution démocratique» que Ségolène Royal entend accomplir dans la construction de cette République nouvelle. Si la loi doit assurer la justice tout en trouvant la force de s'appliquer et d'ordonner la société, les conditions de sa discussion et de sa fabrication doivent alors être reconsidérées en profondeur."

    Cordialement.
    Jocelyne

    Posté par Jocelyne, 20 septembre 2006 à 19:23
  • Ordre juste

    Cher Simon, Jocelyne a eu la gentillesse de mettre en ligne le texte d'Arnaud Montebourg publié par Libération hier, dans la rubrique "Rebonds", dans lequel il évoque avec le talent qu'on lui connait la notion d'"ordre juste" selon Ségolène Royal :

    "Est-il également permis d'évoquer le concept soudain apparu si novateur d' «ordre juste» qu'elle a lancé dans son discours de Rodez le 12 mai dernier et qui lui a valu un procès en «nomadisme idéologique». Pourtant, il ne s'agit que du rappel de ce que doit être la République : parce qu'elle est égalitaire, elle ne peut s'autoriser à être sévère que si elle l'est à l'égard de tous, donc juste.

    On ne peut lutter contre les zones de non-droit dans la République que si on assume et organise la lutte contre les privilèges judiciaires de ceux qui détiennent l'argent, la puissance et le pouvoir. A Rodez, Ségolène Royal évoquait dans ces termes l'ordre juste : «un principe fondateur d'un ordre solidaire autrement ambitieux que l'ordre aux petits pieds du tout sécuritaire sur fond de dérive vers le précariat pour tous». Elle ajoutait : «Alors que l'insécurité économique et sociale gagne du terrain, le comportement de la puissance publique se doit d'être irréprochable. Une mauvaise conduite à la tête de l'Etat constitue un vrai facteur d'insécurité, car pourquoi respecter des règles dont les puissants et les gouvernants s'affranchissent ?»

    L'ordre juste est hautement supérieur à l'injustice de l'ordre autoritaire de l'UMP. Et il est hautement préférable au désordre injuste que conduirait une République aux abonnés absents, incapable de donner un sens à la loi républicaine. Ce sont finalement là des analyses que ne récuserait pas un Jean-Pierre Chevènement.

    C'est ici que prend sa force la «révolution démocratique» que Ségolène Royal entend accomplir dans la construction de cette République nouvelle. Si la loi doit assurer la justice tout en trouvant la force de s'appliquer et d'ordonner la société, les conditions de sa discussion et de sa fabrication doivent alors être reconsidérées en profondeur. La «révolution démocratique» est l'instauration d'un rapport de responsabilité entre les dirigeants mandatés pour décider et les citoyens dépositaires de la souveraineté. Elle est aussi l'organisation concrète du «droit égal» de ceux qui n'ont pas de titre à gouverner à s'occuper des affaires communes. «Notre projet affirme la compétence également légitime des citoyens ordinaires, ce pouvoir des "n'importe qui" toujours dénié par les élites autoproclamées de la naissance, de la richesse ou de la cooptation endogame.» Ce sont là des orientations qu'on pourrait retrouver dans les choix de tous les promoteurs d'une VIe République, quels qu'ils soient, Christiane Taubira ou moi-même." (...)

    J'espère que vous trouverez dans ce passage au moins une partie de la réponse à votre interrogation. A bientôt, Simon

    Posté par Valérie, 20 septembre 2006 à 19:34
  • Simultané

    Jocelyne m'a doublée sur la ligne d'arrivée... Bravo ! Du coup, une réponse similaire pour la question de Simon. C'est la preuve que nous sommes synchrone !
    Merci Jocelyne

    Posté par Valérie, 20 septembre 2006 à 19:53

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