LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

12 octobre 2006

Ségolène Royal avertit ses concurrents qu'elle ne laissera plus rien passer

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Ségolène Royal a réuni ses soutiens pour un "banquet républicain" dans un restaurant chinois parisien, le 9 octobre 2006

Désormais, Ségolène Royal ne laissera plus passer aucune "attaque" la concernant. C'est ce que la candidate à l'investiture présidentielle du PS, venue "passer un moment agréable" au milieu de ses soutiens parisiens réunis dans un restaurant chinois de Belleville, lundi 9 octobre, a annoncé. "Elle ne laissera plus aucune attaque ou insinuation sans réponse, ou quand elle juge que ses propos sont déformés", rapporte David Assouline, sénateur de Paris et organisateur de la soirée. Mme Royal, qui avait fait le choix jusqu'ici d'ignorer les critiques dont elle est l'objet au sein même du PS - car elles lui avaient plutôt profité -, modifie donc sa stratégie .

Un changement de cap jugé nécessaire alors que la campagne interne s'intensifie et que des débats publics devraient bientôt opposer les candidats. Si elle laisse "en suspens" les arguments employés contre elle, a-t-elle fait valoir, "la droite les utilisera". Au milieu des convives, attablés dans un établissement nommé Le Président, jadis fréquenté par François Mitterrand, parmi lesquels figuraient plusieurs adjoints de Bertrand Delanoë, Christophe Caresche, Christophe Girard, Olga Trostiansky, ou bien encore Lyne Cohen-Solal, Mme Royal a précisé qu'elle réagirait à tout ce qui pouvait être dit sur sa famille, ses enfants, ses frères et soeurs, ou bien sur ses discours sur la carte scolaire et la nation - deux thèmes dans la ligne de mire de ses concurrents, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

Interrogée par Le Monde, Mme Royal confirme sa volonté de s'opposer à "toutes celles et ceux qui falsifient (sa) pensée et rabaissent le débat politique". "Je conçois le débat interne comme devant servir à éclairer les enjeux et pas à démolir par des arguments dévoyés, expose la candidate. Sinon le risque est grand que les Français s'exaspèrent de voir les socialistes se regarder le nombril, et je ne veux pas laisser faire ça. C'est dangereux pour la gauche. Avec Bourdieu, ils font même parler les morts ! Si l'enjeu n'était pas si fort on pourrait en plaisanter." Une vidéo circule sur Internet, qui montre le sociologue dénonçant, avant sa mort, le positionnement "à droite" de Mme Royal...

Lundi soir, le message guerrier s'accompagnait d'une atmopshère guillerette. Les amis parisiens de Mme Royal l'ont accueillie sur l'air de la chanson d'Alain Souchon, Foules sentimentales, en référence aux "foules sentimentales et joyeuses" que la candidate avait saluées lors de sa déclaration de candidature, le 29 septembre, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône).

Isabelle Mandraud - LE MONDE

Article paru dans l'édition du 11.10.06

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