LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

09 novembre 2006

Programme nucléaire iranien

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Déclaration de Ségolène Royal :

« J’ai, en effet,  une vision plus prudente que mes deux collègues à propos de l’accès de l’Iran  au nucléaire civil. Bien sûr que l’enrichissement de l’uranium n’est pas le  même, mais quand on contrôle le nucléaire civil, on contrôle en effet une  partie de l’enrichissement de l’uranium.

On sait, on le voit bien en France,  les conditions de sécurité qui entourent les centrales nucléaires civiles. Je considère que c’est une première étape. Dans la mesure où les Russes ont  proposé des coopérations dans le cadre de nucléaire civil à l’Iran, je pense  que cette solution est beaucoup plus prudente tant que le régime iranien  n’aura pas évolué.

Donc, je maintiens ma position qui  consiste à dire qu’il vaut mieux trouver des coopérations pour produire de  l’électricité, mais en ne permettant pas aux Iraniens de contrôler tout le  processus du nucléaire civil. »


1 - Le Traité de non prolifération  nucléaire reconnaît le droit des pays signataires d’avoir recours au nucléaire  civil. Mais ils doivent se soumettre au contrôle de l’Agence internationale  pour l’énergie atomique (AIEA). Or c’est bien le problème avec l’Iran :  l’Agence a découvert des activités nucléaires civiles non déclarées. Il y a  donc risque de prolifération.

2 - L’Union européenne considère  que le droit de l’Iran à accéder au nucléaire civil ne peut être admis qu’à la  condition que toutes ses activités nucléaires ainsi découvertes soient mises à  plat et contrôlées. Elle a proposé, dès lors que l’Iran se  soumettrait au contrôle de l’AIEA et renoncerait à ses activités  proliférantes, de lui construire des centrales nucléaires. L’Iran a refusé.  Par ailleurs, l’Union européenne soutient la proposition russe  d’enrichissement de l’uranium en Russie pour l’Iran, à des fins pacifiques. A  ce jour, l’Iran n’a pas donné suite à cette proposition.

3 - A  ce jour, le Conseil des Gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie  Atomique (AIEA) et le Conseil de Sécurité de l’ONU ont décidé de refuser à  l’Iran la maîtrise du cycle complet de production, y compris à des fins  civiles, tant que la position de l’Iran n’évoluerait  pas.


_______________________________________________________________________________

Aujourd’hui, la question qui est posée à  la communauté internationale est donc bien celle de l’accès de l’Iran  au nucléaire civil.

La position de Mme Royal  de  refuser que l’Iran puisse contrôler la totalité de la filière, même civile,  tant que l’Iran n’aura pas évolué, est donc la seule qui soit cohérente avec  le droit international et avec les enjeux de la non-prolifération.

Posté par segoleneausud à 06:35 - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    Mais oui,

    Les drôles de proposition de Ségolène Royal face au nucléaire iranien :

    1) Le TNP repose sur un équilibre fondamental : oui au nucléaire civil, non au nucléaire militaire.

    Le principe du TNP est d’accorder un droit – l’accès au nucléaire civil - et d’en refuser un autre – se doter de l’arme atomique. L’article 4 du TNP précise ainsi : « aucune disposition du présent Traité ne sera interprétée comme portant atteinte au droit inaliénable de toutes les Parties au Traité de développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination".

    On voit bien la logique du TNP : « récompenser » les Etats qui s’engagent à ne pas se doter de l’arme atomique en facilitant leur accès au nucléaire civil. Et on comprend bien pourquoi : aucun Etat n’est obligé de signer le TNP et il faut donc une incitation pour qu’ils le fassent.

    L’Iran est signataire du TNP : son droit au nucléaire civil est donc inaliénable.

    2) Les conséquences des propos de Ségolène Royal : la fin de la non prolifération nucléaire

    Ségolène Royal a déclaré lors du 3ème débat qu’il fallait absolument empêcher l’Iran de se doter du nucléaire civil.
    Si la France déniait à l’Iran le droit d’accès au nucléaire civil, elle se mettrait en contravention avec le TNP.
    Le résultat d’une telle politique serait le suivant.L’Iran selon toute probabilité se retirerait du TNP invoquant une circonstance extraordinaire, en l’occurrence le refus d’un des Etats nucléaires de souscrire à ses obligations découlant du TNP.
    Cela constituerait l’arrêt de mort du TNP et la prolifération ne pourrait plus être arrêtée.
    3) Qui préconise cette politique ? Personne, même pas Georges W Bush
    Personne : pas même M. Bush.
    Ainsi, au terme du débat d’hier soir, deux hypthèses doivent être formulées : soit Ségolène Royal ne connaît pas le TNP, et c’est tout de même gênant quand on prétend à l’Elysée ; soit elle le connaît et elle propose une politique étrangère qui serait pire que celle des néo-conservateurs américains. Dans les deux cas, il y a de quoi être inquiet.
    Il est vrai qu’après avoir rencontré le président irakien, Ségolène Royal avait jugé que ce pays allait dans la bonne direction….Elle n’en est donc pas à sa première faute diplomatique depuis le début de la campagne interne.
    Est-on vraiment certain qu’elle est « la seule à pouvoir battre Sarkozy en 2007 ? ».
    Mieux vaut écouter ce qu’elle dit attentivement et y réfléchir à deux fois avant de faire ce pari…pour le moins hasardeux.

    Posté par jpb, 09 novembre 2006 à 10:56
  • Plus experts que les experts...

    "3 - A ce jour, le Conseil des Gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et le Conseil de Sécurité de l’ONU ont décidé de refuser à l’Iran la maîtrise du cycle complet de production, y compris à des fins civiles, tant que la position de l’Iran n’évoluerait pas."

    Eux aussi, sont des irresponsables "diplomatiques" peut-être ?.. Mais tous ceux, militants et citoyens lambdas qui vous posez en experts de ces questions là,... j'avoue que devant ce manque d'humilité face à des questions si délicates, c'est vous tous qui me faites trembler de peur !

    Posté par Michèle, 09 novembre 2006 à 11:14
  • A jpb

    J'ai déjà lu le même te x te que le votre sur una autre blog...le lire ici ne le rend pas meilleur, ni plus honnête , car il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut entendre.
    Vive l'énergie nucléaire civile, pour ceux qui comme l'Iran refusent toute inspection, et qui feront de cette région une poudrière encore plus explosive.!.vive les accords de Munich, m^me si comme le disait Karl Marx, l'Histoire se répète en balbutiant!; Ségolène Royal connait bien les sujets qu'elle aborde, loin de toute fausse naîveté; c'est pourquoi nous la soutenons si fortement qu'elle gagnera.plus son score sera fort, mieux elle pourra affronter Sarkozy

    Posté par philippe, 09 novembre 2006 à 14:01
  • Segolene radioactive ?

    J'avoue que j'ai ete un peu perturbe par la position de Segolene Royal, lors du troisieme debat. L'Iran est un sujet sensible et j'ai eu l'impression que Segolene maitrisait mal son sujet, en confondant nucleaire militaire et civil.
    Ceci dit, apres reflexion, je vois la question un peu differemment: comme le dit jpb,"L’Iran est signataire du TNP : son droit au nucléaire civil est donc inaliénable." Mais le probleme pose n'est pas celui ci: c'est le respect ou non du TNP par l'Iran. Alors, le droit au nucleaire civil oui, mais si et seulement si le TNP est respecte. Et il est clair que l'Iran ne respecte pas le TNP. Donc, je pense maintenant que sur le fond Segolene a raison.
    Par contre, sur la forme, ce que je regrette, c'est qu'elle n'ai pas mis plus l'accent sur l'action internationale (ONU, AIEA, Europe) et dit que la position de la France n'a pas a etre originale sur ce point.
    Mais ce que j'apprecie particulierement, actuellement, ce sont les hauts cris pousses sur les "fautes diplomatiques" de Segolene, en particulier sur l'Irak. Quelle hypocrisie ! Et l'aspect "fait moi peur": vous vous rendez compte, faire des "fautes diplomatiques comme ca", c'est un coup a perdre les elections devant Sarko !
    Ca prouve a mon avis, a contrario, que les contradicteurs de Segolene Royal n'ont pas grand chose a se mettre sous la dent...

    Posté par Frederic B., 09 novembre 2006 à 14:04
  • Le Monde | Nucléaire iranien : l’Elysée prône la prudence
    06.11.2006


    Par Nathalie Nougayrède – Au moment où l’Iran est menacé de sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU pour avoir refusé de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, des discussions parcourent l’appareil d’Etat français sur la meilleure façon de continuer à traiter ce dossier.


    Officiellement, la France poursuit à l’ONU des efforts diplomatiques visant à faire adopter un projet de résolution qu’elle a elle-même déposé la semaine dernière, aux côtés du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Celui-ci prévoit des sanctions ciblant les secteurs nucléaire et balistique iraniens.

    Mais, sans que cela ne se traduise par un changement dans la position officielle française, l’inquiétude augmente, à l’Elysée et au ministère de la défense notamment, s’agissant des conséquences que pourraient avoir la poursuite d’une ligne dure vis-à-vis du régime iranien et, a fortiori, la mise en place de mesures à caractère punitif.

    Les craintes portent notamment sur le sort des soldats déployés dans le cadre de la Finul renforcée au sud du Liban, région dominée par le groupe chiite Hezbollah qui est soutenu par l’Iran.

    Concernant le dossier iranien, « notre position est très proche de celle des Russes », dit une source dans l’entourage du président français. « Les Russes veulent gagner du temps. Ils veulent que toute mesure concernant l’Iran ne vise qu’à inciter ce pays à aller dans le bon sens ». A l’ONU, la Russie s’oppose au projet de résolution, jugeant qu’il « vise à isoler l’Iran ». Soutenue par les Chinois, elle négocie pied à pied des modifications qui atténueraient la portée du texte. Les tractations pourraient n’aboutir que dans « deux ou trois semaines », selon un diplomate français de haut rang.

    Une source proche de la présidence française formule l’espoir que l’administration américaine opérera un revirement et explorera plus avant l’idée d’un dialogue avec l’Iran, en raison de la détérioration de la situation en Irak.

    « Nous attendons les résultats des élections au Congrès américain », le 7 novembre, indique cet officiel français, « et aussi le rapport Baker », du nom de l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker, chargé de rédiger un rapport sur la situation en Irak, qui pourrait recommander un travail plus approfondi de Washington avec Téhéran et Damas.

    On évoque aussi à l’Elysée un « créneau » au cours duquel l’Iran pourrait être incité à manifester plus de souplesse sur la scène diplomatique, alors qu’il a refusé l’offre de coopération que lui ont faite, en juin, les grandes puissances. Il s’agit de la période séparant les élections municipales de décembre en Iran et le mois de mars 2007, quand s’achève, dans le calendrier iranien, l’année en cours, au terme de laquelle Téhéran a indiqué vouloir se doter de 3000 centrifugeuses.

    L’approche du président français consiste à ne pas presser le pas vers des sanctions qui seraient susceptibles de trop « mordre », et de maintenir la porte ouverte à un retour de l’Iran au dialogue. La résolution 1696 de l’ONU votée le 31 juillet prévoyait le passage aux sanctions si l’Iran ne suspendait pas l’enrichissement

    Posté par nathalie, 09 novembre 2006 à 23:40
  • Iran et nucléaire

    [09/11/06]
    Pascal Boniface, Directeur de l'IRIS La communauté internationale ne veut pas que l’Iran enrichisse de l’uranium
    Entretien avec Pascal Boniface, Directeur de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) sur le nucléaire iranien et la prolifération



    "Sur le nucléaire iranien et la question de la prolifération, il y a un peu un paradoxe dans le débat entre les trois candidats socialistes puisque Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont reconnu a l’Iran le droit d’enrichir de l’uranium, ce qui est, d'ailleurs, juridiquement exact.



    Effectivement, le traité de non prolifération, en l’échange de l’interdiction d’avoir des armes nucléaires, permet toutes les possibilités nucléaires civiles.

    Le problème, c’est que pour le moment, du fait du caractère particulier de l’Iran, la communauté internationale ne veut pas que l’Iran enrichisse de l’uranium et que la positions des différents pays, France incluse, est que l’Iran ne puisse pas procéder à de l’enrichissement de l’uranium.

    Parce que si l’Iran procède à l’enrichissement de l’uranium, il pourra ensuite soit dénoncer le TNP et fabriquer une arme nucléaire, soit fabriquer une arme nucléaire.

    A partir du moment où vous enrichissez de l’uranium, vous pouvez le faire à quelques % près, 2,3% pour de l’énergie nucléaire, et à 93% pour avoir une bombe atomique.

    En fait tout le débat repose sur : est ce que l’Iran a le droit ou non d’enrichir l’uranium ?

    A la seule lecture du TNP: oui il le peut.

    Mais la position de la communauté internationale est que dans la mesure ou l’Iran a jusqu’ici menti sur son programme, et qu’il a fait des déclarations hasardeuses, bien qu’il y ait un accord, et bien non : la communauté internationale demande à l’Iran de renoncer ou de repousser son programme d’enrichissement.

    Pour trouver un accord, pour être sûr que les capacités nucléaires iraniennes civiles ne seront pas utilisées pour produire des armes atomiques.



    Ce qui est un peu curieux dans l’affaire, c’est que Laurent Fabius dit à la fois qu’il ne veut pas voir Ahmadinejad (même lorsqu’il sera président) et qu’il autoriserait l’Iran a enrichir de l’uranium. Donc, il va plus loin, non seulement que la position américaine, mais y compris que les russes, les chinois, l’ensemble de la communauté internationale, qui pour l’instant effectivement, craignent que l’Iran enrichisse de l’uranium.

    Donc c’était un débat un peu contradictoire, des positions un peu curieuses, de la part de Strauss-Kahn qui dit que l’Iran est à la frontière du pétrole, de l’islam, du terrorisme et que sais-je encore et qu’il aurait le droit d’enrichir de l’uranium !

    Il y avait quelque chose d’un peu incompréhensible: comme si ils avaient voulu aller un peu plus loin.

    Ou comme si ils voulaient avoir une stricte lecture juridique du TNP sans peut être prendre en compte l’environnement stratégique global."



    Pascal Boniface,

    Directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques

    Posté par Jujube, 10 novembre 2006 à 19:03
  • Vous avez dit pas clair?

    ...Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Iran "ne reculerait pas d'un pouce" dans sa volonté d'utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques. "L'enrichissement d'uranium et la maîtrise du cycle du combustible nucléaire font partie des principales revendications du peuple iranien", a-t-il ajouté. Avant de s'adresser directement aux puissances nucléaires : "Si l'arme atomique est une mauvaise chose, pourquoi vous en fabriquez ? Si le cycle du combustible nucléaire est une bonne chose, il l'est pour tout le monde", a affirmé Mahmoud Ahmadinejad, en ajoutant que l'Iran était "partisan du dialogue et de la négociation".

    Posté par Jujube, 10 novembre 2006 à 20:41

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