LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

10 novembre 2006

Le message de Michel Le Bellac, Professeur Emerite a l'Universite de Nice

A propos de sa position sur l'Iran, Ségolène Royal a été accusée de confondre nucléaire civil et nucléaire militaire. Ses compétiteurs devraient pourtant savoir qu'il n'y a pas de cloison étanche entre les deux.

Certes le taux d'enrichissement en uranium 235 est différent pour le civil (3 à 5%) et le militaire (80 à 90%), mais à partir du momnent où on dispose de centrifugeuses (et que l'on maîtrise le processus de conversion), il suffit de surmonter quelques problèmes techniques pour passer de d'un enrichissement à l'autre. Par ailleurs, comme chacun sait, un réacteur nucléaire produit du plutonium, et avec du plutonium on fabrique aussi des bombes. Il a fallu moins de deux ans à partir d'un réacteur fabriqué (ou plus exactement bricolé) par Fermi à Chicago pour accumuler suffisamment de plutonium pour la bombe de Nagasaki. Ce n'est pas par hasard qu'Israel a détruit en 1981 le réacteur irakien offert par la France, sans que cela soulève  de protestations véhémentes, et pour cause!

Avec l'Iran actuel, les conditions d'accès au nucléaire civil doivent être

1. L'Iran  ne doit pas enrichir lui-même l'uranium et doit se le procurer à l'extérieur (c'est le cas  pour le réacteur de Bouchehr, ce sont les Russes qui fournissent le combustible). Le ``droit" à l'enrichissement n'est pas une conséquence automatique de la signature du TNP.

2. L'Iran ne doit pas retraiter les barres de combustible qui doivent être expédiés hors de ses frontières, sinon il ne lui faudra pas longtemps pour accumuler assez de plutonium.

Avec de telles conditions, si l'Iran ne respectait pas les accords, la fourniture de combustible pourrait être immédiatement stoppée, et le risque de nucléaire militaire minimisé.

A ma connaissance, l'Iran n'est pas prêt à accepter ces deux conditions, et la position de Ségolène Royal est parfaitement justifiée, même si elle pose des problèmes diplomatiques évidents. Avant de la taxer d'incompétence, ses compétiteurs devraient d'abord balayer devant leur porte.

Michel Le Bellac, Professeur Emerite a l'Universite de Nice

Militant à la Section Nice 8

"J'ai ecrit un court texte sur le nucleaire iranien (je fus physicien nucleaire dans ma jeunesse!)"

Posté par segoleneausud à 08:42 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    "même si elle pose des problèmes diplomatiques évidents"
    ENFIN....! Bagatelle me direz-vous...

    Posté par nathalie, 10 novembre 2006 à 10:48
  • 8 novembre 2006
    Communiqué de Paul Quilès, responsable national du Parti Socialiste aux questions stratégiques

    Il serait dangereux de demander à l’Iran de renoncer définitivement à la maîtrise des technologies nucléaires civiles.

    Le litige qui oppose actuellement l’Iran au Conseil de sécurité concerne l’enrichissement de l’uranium. Le 4 février 2006, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a jugé que l’Iran avait manqué à ses obligations de transparence permettant de garantir que cet enrichissement n’a aucune finalité militaire. Il a demandé en conséquence que le cas de l'Iran soit porté devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

    Après l’échec des négociations menées entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, le Conseil de sécurité a adopté le 31 juillet 2006 la résolution 1696 qui enjoint à l'Iran de « suspendre » ses activités liées à l’enrichissement et au retraitement de l'uranium avant le 31 août, sous peine de sanctions en application de l'article 41 du chapitre VII de la Charte des Nations unies (sanctions excluant tout emploi de la force).

    L’exigence du Conseil de sécurité est due au non-respect par l’Iran de ses obligations de transparence. Elle ne vise pas à interdire à l’Iran l’accès aux technologies nucléaires civiles mais simplement à rétablir une situation de confiance levant toute ambiguïté quant aux activités nucléaires iraniennes.

    Il ne saurait donc être question de dénier à l’Iran le droit « de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination » qui lui est reconnu par l’article 4 du TNP.

    Si l’on s’orientait dans cette voie, on entretiendrait dans la population iranienne un sentiment d’injustice et de discrimination qui ne pourrait manquer de la souder autour de son gouvernement. En outre on donnerait à l’Iran un prétexte pour se retirer du traité en invoquant son article 10 (qui prévoit la possibilité de ce retrait), risquant alors d’accroître dangereusement les tentations de prolifération nucléaire.

    Posté par nathalie, 10 novembre 2006 à 10:56
  • "renoncer définitivement"...

    Décidément, il faut apprendre à lire!
    L'Iran ne respecte pas l'un les termes d'un contrat qu'il a signé, ce contrat n'est donc pas valide aussi longtemps que cela durera!!! Inutile de couper les cheveux en quatre.

    Quant à la "bagatelle" des problèmes diplomatiques éventuels, nous serons nombreux à préférer cette option à celle d'un bombe sur le coin du nez, envoyée par un fanatique qui se trouverait (par malchance) encore à la tête de l'Iran.

    Posté par Jujube, 10 novembre 2006 à 18:25
  • Le mot de Ségolène

    Alors que ses rivaux socialistes pointent du doigt une erreur de Ségolène Royal sur le dossier du nucléaire iranien, la candidate "maintient sa position". "J'espère que les débats vont éclairer le fait que je connaissais, sur ce point, mieux la situation internationale qu'eux", a précisé la candidate mercredi.
    "Je maintiens la position que j'aie prise", a expliqué Ségolène Royal mercredi matin sur RMC, répétant qu'elle n'est "pas favorable à ce que l'Iran accède au nucléaire civil".
    Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius "ont essayé d'en profiter", a-t-elle expliqué. "Mais, j'espère que les débats vont éclairer le fait que je connaissais sur ce point mieux la situation internationale qu'eux".
    La candidate socialiste s'est livrée à une explication du dossier iranien. "Je pense que ce sont les deux challengers qui ont tort sur cette question et j'espère qu'aujourd'hui et dans les jours qui viennent, on va assister à des débats d'experts".
    "L'Iran a signé ce traité de non prolifération qui lui interdit normalement d'accéder au militaire nucléaire. Mais, dans ce traité il y a aussi l'exigence de contrôler le nucléaire civil", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes. "Actuellement, l'Iran refuse le contrôle sur le nucléaire civil. C'est pourquoi, j'ai dit et je le répète, je ne suis pas favorable à ce que l'Iran accède au nucléaire civil".
    L'enrichissement en civil lui permettrait "de maîtriser les technologies d'enrichissement de l'uranium et si ces techniques ne sont pas contrôlées, rien ne dit que petit à petit cela ne s'orientera pas vers de l'enrichissement de l'uranium à dimension nucléaire, à dimension militaire", a ajouté Ségolène Royal.
    "Dans la mesure où ce pays qui nie l'existence de l'Etat d'Israël refuse de se voir contrôler l'accès au nucléaire civil, nous avons la responsabilité de ne pas l'autoriser", a précisé la candidate.

    Posté par Jujube, 10 novembre 2006 à 19:15

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