LA VOIE "ROYAL"

Désirs d'avenir 06 - Nice et Alpes-Maritimes

09 janvier 2008

"La politique de civilisation", nouvel habit de Nicolas Sarkozy

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - En baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy a revêtu mardi son nouvel habit de défenseur d'une "politique de civilisation".

Il a par ailleurs confirmé, sur le versant "people", son probable remariage avec

la chanteuse Carla Bruni.

Lors de sa première grande conférence de presse, le chef de l'Etat s'est exprimé pendant deux heures dix minutes environ face à 600 journalistes français et étrangers réunis dans la salle des fêtes de l'Elysée, en prenant à témoin un gouvernement presque au complet et le Premier ministre François Fillon.

Pendant les 55 premières minutes, il s'est expliqué sur la "politique de civilisation" qu'il a promis de mettre en oeuvre lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre.

"La politique de civilisation, c'est la politique qui est nécessaire quand il faut reconstruire les repères, les normes, les règles, les critères", a-t-il dit. "Nous avons à combattre les dérapages et les excès de notre propre civilisation."

Derrière ce concept emprunté au sociologue Edgar Morin, Nicolas Sarkozy a décliné pour l'essentiel les grands axes d'un programme déjà connu et pris soin de s'inscrire dans la durée, en ces temps de disette budgétaire.

Il n'a ainsi pas vraiment répondu à ce qui est aujourd'hui la principale préoccupation des Français, le pouvoir d'achat, et estimé que "réduire le débat politique" à cette seule question était "absurde" - alors qu'il en avait fait un axe prioritaire.

"Qu'attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordre ?" a lancé le chef de l'Etat.

Il a en revanche souhaité que 2008 voie la fin de la semaine des 35 heures et demande en échange aux entreprises d'accroître la rémunération des salariés sous la forme de participation, d'intéressement, notamment dans les entreprises de moins de 50 salariés, ou de stock-options "pour tous".

Il a confirmé qu'un plan pour la banlieue, prévoyant une formation pour les jeunes des quartiers défavorisés, serait présenté en février et annoncé que dix grands projets de rénovation universitaire seraient sélectionnés en 2008.

La "politique de civilisation" s'exprimera en outre dans une "rénovation sans précédent de l'audiovisuel public", où il a souhaité une suppression totale de la publicité, et dans le chantier du Grand Paris, dans lequel il a déclaré, à deux mois des élections municipales, vouloir s'impliquer personnellement.

SUR LA DEFENSIVE

Face aux sondages de popularité en baisse, aux critiques sur son style, sa politique étrangère ou des résultats qui tardent à se concrétiser, il est apparu souvent sur la défensive.

"Je ne truque pas (...) On peut être en désaccord avec ce que je fais, on peut ne pas m'aimer (...) C'est la démocratie", a-t-il dit. "Je ne suis pas satisfait parce que je vois bien l'immensité de ce qu'il reste à faire (...) mais en même temps je suis à l'aise avec ce qu'on a fait."

Il a rejeté les accusations de pouvoir personnel - "C'est moi qui ai été élu, c'est moi qui porte les échecs et les succès, c'est moi qui prends le maximum de coups" - et s'est efforcé de démentir les rumeurs de remaniement ministériel - "Nous sommes une équipe qui fonctionne parfaitement bien."

A un journaliste qui lui reprochait d'instaurer une "monarchie élective", il a répondu : "Monarchie, ça veut dire héréditaire. Vous croyez que je suis donc le fils illégitime de Jacques Chirac qui m'a mis sur un trône ?"

Interrogé sur l'impact dans l'opinion publique de la forte revalorisation de son traitement, votée en 2007, Nicolas Sarkozy a haussé le ton.

"Est-ce qu'on a demandé à mes prédécesseurs ce qu'ils gagnaient et comment ils le gagnaient et comment avait été fixée leur rémunération ?" a-t-il lancé. "Je suis le seul à demander au Parlement de fixer mon salaire (...) A l'arrivée, ça me fait un peu moins que ce gagnait mon prédécesseur."

Il est également apparu quelque peu sur la défensive lorsque des journalistes l'ont interrogé sur ses relations avec Carla Bruni, qu'il a emmenée fin décembre en voyage dans la vallée du Nil et le week-end dernier en visite privée en Jordanie.

"Avec Carla, nous avons décidé d'assumer (...) C'est du sérieux", a-t-il dit. Quant au mariage, "il y a de fortes chances que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait."

Le chef de l'Etat avait reçu "longuement" lundi Edgar Morin, "homme tout à fait remarquable" qui a rejoint d'autres figures de gauche enrôlées dans son panthéon personnel pendant sa campagne, comme Jean Jaurès ou Léon Blum.

"Il m'a dit 'il y a 75% de ce que vous dites qui est bien', ce qui me laisse une marge de progression de 25%", s'est vanté le président de la République.

Les réactions de l'opposition sont d'une autre tonalité.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a estimé que la conférence de presse du chef de l'Etat avait révélé "l'absence de résultat depuis huit mois" et un "défaut de propositions immédiates".

Pour Ségolène Royal, "pour l'instant, on a eu surtout un président de la République qui a été le propre commentateur de son inaction".

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33826340@7-37,0.html

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